dimanche 30 septembre 2007

Villeneuve-lès-Avignon

Un dimanche qui s'annonce heureusement sous le soleil, malgré des prévisions moins optimistes. En route vers Villeneuve-lès-Avignon qui fait face à Avignon de leur côté du Rhône.

Nous arrivons en pleine activité «vide-grenier», juste en bas du fort St-André qui domine la ville.
Comme nos ventes de garage peut-être, mais ici toute la ville y participe et toutes les rues du centre sont occupées par d'innombrables brocanteurs. Certains sont amateurs, mais visiblement pas tous. Le recyclage des vieux objets, meubles, livres, vêtements semble un sport national. Plusieurs villes ont leur journée «vide-grenier» annoncée un peu partout dans la région. Mais cela donne lieu à une journée fort animée car on achète beaucoup, qui un miroir antique, qui un divan qu'on transporte à bras jusqu'au stationnement lointain, qui une lampe suspendue qu'il faudra frotter avec ardeur pour en sortir un génie peut-être? Sur la place Jean-Jaurès, toutes les tables des restaurants sont occupées. Qu'à cela ne tienne, les boulangers dressent une table sur la rue et offrent des fougasses, des croissants au chocolat, des sacristains (difficile à décrire, mais excellent à manger). Ailleurs ce sont des crèpes avec beaucoup de Nutella...

Entre Villeneuve-lès-Avignon et Avignon se trouve l'île de la Barthelasse.
Cette île n'existait pas à l'époque de la construction du pont St-Bénézet (dit «d'Avignon») de sorte que le pont avait alors quelques 22 arches pour rejoindre la tour Philippe le Bel qui gardait l'accès au pont du côté de Villeneuve. Aujourd'hui, un parc longe la rive de l'île. Il est agréable et reposant de s'y promener sous les platanes. Mieux encore, il offre une vue saisissante sur le Palais des Papes et la muraille qui entoure la ville. Devant nous, le Rhône baigne le dernier pilier du pont St-Bénézet, point final des quatre seules arches qui subsistent encore.

samedi 29 septembre 2007

Lourmarin

Un samedi qui s'annonce incertain. Quelques éclaircies percent les nuages, mais quelle sera la suite du jour?

Nous partons quand même en direction de Lourmarin à quelques 35 kilomètres de Cavaillon. La route traverse Cheval Blanc, un village qui apparaît de construction récente autour d'un noyau plus ancien. Mais l'architecture, les matériaux et la finition des murs des maisons sont fidèles aux traditions. Même les murs d'enceinte sont à l'image de ceux que l'on retrouve dans tous les villages de la région. Car ici, par une tradition héritée peut-être des temps moyenâgeux ou par nécessité encore actuelle, chaque maison individuelle est entourée d'un mur ou d'une clôture qui semble aussi infranchissable que possible. La vie de la maison se déroule donc souvent à l'abri des regards des passants.

À Cheval Blanc, le canal qui suit la route semble tout récent, agrémenté de fleurs et d'arbustes. Les routes neuves témoignent d'un souci de qualité, sinon d'innovation, mais sont toujours aussi étroites: juste ce qu'il faut pour les autos aux dimensions plus réduites que les nôtres.

Lourmarin se présente d'abord par son château, un peu à l'écart, avant d'arriver au village. Nous trouvons un stationnement plus près du village et nous entreprenons de l'explorer. Plusieurs galeries d'art présentent des oeuvres fort intéressantes, mais dont le prix correspond à la réputation de Lourmarin. Plaisir garanti pour les grands détenteurs d'euros!

Quelques bons restaurants se proposent aussi à Lourmarin dont un «deux étoiles Michelin»: pour déjeuner, nous l'évitons! Mais nous découvrons un petit bistro qui fait parfaitement l'affaire. Toutefois à la fin du repas, les nuages se font menaçants.
Quelques pas dans les rues piétonnes en direction de la place de l'église ... et la pluie se fait plus insistante. Tout ce qu'il faut pour abréger notre séjour à Lourmarin. Enfin : c'est charmant, mais un peu humide...Mieux vaut explorer le pays en auto!

C'est ainsi que nous arrivons à Bonnieux après avoir traversé une combe dans les montagnes du Lubéron. Entre les falaises, la route, sinueuse à souhait, atteint finalement les sommets. Puis, elle descend vers le village et nous en offre une vue saisissante.
Une terrasse et son dessert invitant nous retiennent.

L'atmosphère des villages du Lubéron impreigne les rues ici aussi. Nous montons jusqu'au plus au point du village. Alors qu'ailleurs on y trouve souvent le château, ici c'est le cimetière du village aux monuments ordonnés et entretenus. C'est comme un regard dans les souvenirs de famille des gens du village, une autre façon de les approcher.

vendredi 28 septembre 2007

En campagne

Après les découvertes passionnantes des derniers jours, on mérite bien une journée un peu plus calme. Pas question de rester au gîte toutefois. Le soleil est de retour et on a encore le goût de trotter.

Destination Avignon et la succursale locale des Galeries Lafayette. Germaine veut se mettre au fait des tendances de la mode que nous verrons au Québec l'an prochain. Mais je ne suis pas très bon juge...

Je vois plutôt un centre commercial très semblable à ceux que nous connaissons. Les différences s'expriment dans la qualité du design des produits, le soin apporté à la beauté, à l'originalité des objets. C'est remarquable pour des éléments décoratifs, des pièces de vaisselle, des objets de tous les jours. Ce visage moderne et très «tendance» manifeste un contraste étonnant avec le monde ancien que nous avons visité dans les villages de la Provence. C'est en même temps, un témoignage d'une évolution bien réussie, mais en continuité avec le passé.

Au sortir du centre commercial, nous reprenons la route de la campagne et des villages paisibles. Un détour par Chateauneuf de Gadagne et, en descendant la colline, nous voilà engagés dans des rues tracées pour une autre époque. La seule solution: toujours choisir d'aller vers le bas, mais sans oublier de replier les miroirs de l'auto. Autrement, ça ne passe pas!

Finalement la plaine s'ouvre devant nous. La route s'engage à travers des vignobles, protégés des vents par de hautes haies de cèdres. Les fruits sont mûrs à souhait, comme on le voit sur les photos. Et pour les protéger des monstres mécaniques qui allaient les happer, nous les avons cueillis à la main: ils étaient délicieux.

Diaporama des photos de la semaine du 22 au 28 septembre
Provence 2007 - 22 au 28 septembre

jeudi 27 septembre 2007

Du Gard à Nîmes

En route vers le Pont du Gard, via Avignon. Nous quittons donc la Provence « officielle » puisque notre destination se situe au delà du Rhône.

C'est une matinée grise avec à l'occasion quelques gouttes, mais insuffisantes pour rafraîchir la terre asséchée depuis plusieurs mois. C'est ainsi que l'aqueduc romain se découpe sur un fond de nuages plutôt que sur le ciel bleu de la Provence toute proche.
Mais l'ouvrage est tout aussi impressionnant malgré son âge de dix-neuf siècles. C'est l'image d'une technologie et de l'apogée d'une civilisation qui semble avoir donnée un âge de paix et de prospérité à des régions entières de la planète. C'est l'époque qu'on nomme la Pax Romana. Et pourtant, malgré tous ses succès, cette époque a eu une fin. Sans tomber dans la facilité, y a-t-il des analogies avec la nôtre?

L'eau de l'aqueduc était destinée à Nîmes. C'est notre prochaine destination. Plusieurs vestiges de l'époque romaine marquent encore la ville.
Telle la maison carrée - en fait un carré «long» puisque le mot «rectangle» est plutôt récent. Ce temple romain, construit vers l'an 2 à 4 de notre ère, est remarquablement conservé. Ses dimensions en font un bâtiment impressionnant mais élégant, au fronton habilement sculpté et décoré.

Un peu plus loin, les arènes sont un autre exemple d'architecture romaine qui a traversé les âges. Elles datent des environs de l'an cent et sont construites à l'exemple des arènes de Rome, puisque toute ville importante de l'empire se devait d'avoir ses arènes. Au cours du temps, les combats de gladiateur ont laissé place à d'autres activités: courses de taureaux camarguais et corridas. Mais Nîmes offre bien plus que ces ruines romaines, c'est une ville active et moderne. Nous la quittons par des routes qui, espérons-le, dureront aussi longtemps que les voies romaines. Aux environs de Saint-Rémi-de-Provence, ces routes plantées de platanes ont effectivement cette allure éternelle.

mercredi 26 septembre 2007

Gorges de la Nesque

Mercredi destination Sault, à 800 mètres sur le plateau de la Vaucluse. C'est la capitale de la lavande. Mais en septembre les champs déjà récoltés nous laissent voir les alignements de lavande, tandis que les motifs sur les pièces d'artisanat, les photos, les cartes postales nous montrent toute leur splendeur au moment de la floraison.

Aujourd'hui, le mistral s'est mis de la partie et il souffle puissamment sur Sault et sur toute la Provence. Le vent et l'altitude se conjuguent et ramènent le mercure vers 12°C. Mais le soleil est toujours là.

La montée vers Sault nous a annoncé ce qui nous attend dans l'après-midi. Les montagnes sont découpées par les rivières et torrents qui, dans ces régions de calcaire, ont profondément creusé leurs vallées. En quittant Sault vers Monieux, on atteint l'entrée des gorges de la Nesque. La route serpente sur des corniches et traverse des tunnels à l'occasion. Dès le premier belvédère, la vue est impressionnante. À cet endroit, la Nesque serpente à quelques 400 mètres en contrebas.
Devant se dresse le rocher du Cire, paroi quasi verticale, découpée de surplombs. J'imagine alors les cavernes abritant nos ancètres primitifs et décrites par Jean Auel dans sa saga « Les Enfants de la Terre ». Ces paysages suscitent l'étonnement depuis sans doute plus de 10 ou 20 000 ans.

La route longe encore le canyon sur une vingtaine de kilomètres en descendant lentement vers Méthamis. De là nous gagnons Pernes-les-Fontaines puis Isle-sur-la-Sorgue où le Café de France nous attend avec son lien Internet sans fil. Tout ce qu'il faut pour transmettre de nos nouvelles à nos amis, tout en dégustant cet espresso si typique de l'Europe.

C'est là que nous croisons un groupe de Québécois venus faire un circuit à vélo en Provence accompagnés par Vélo-Québec. Quelques-uns se sont même offerts le Ventoux, mais leur itinéraire est normalement d'environ 60 kilomètres par jour. Tout ce qu'il faut pour me faire rêver à nouveau!

mardi 25 septembre 2007

Roussillon et Colorado

Mardi matin, nous prenons la route vers Roussillon. Un peu plus d'une demi-heure suffit pour atteindre ce joli village perché sur une crête rocheuse.

Nous trouvons heureusement un stationnement au coeur du village.
En cette fin de saison où le tourisme se fait moins présent, des artisans annoncent déjà leur fermeture prochaine. Mais je n'ose imaginer ce que c'est en période de grande affluence, car les rues sont quand même encore fort animées. Cela ne nous empêche pas d'apprécier les multiples nuances d'ocre qui parent les maisons du village. Car Roussillon tire sa réputation, sinon son nom, des carrières d'ocre qui ont été exploitées principalement au XIXè siècle.

Le «Sentier des Ocres» a été aménagé pour apprécier l'étonnante beauté des falaises abandonnées depuis la fin de l'exploitation des carrières, sculptées par l'érosion et maintenant récupérées par les pins et les chènes.
Les visions qui s'offrent au détour des sentiers sont saisissantes. L'oxyde de fer mêlé au sable lui donne toutes les nuances du jaune, à l'orangé, au rouge vif. Le contraste avec le bleu profond du ciel est éblouissant. L'ocre des falaises se découpe sur le bleu, avec parfois un pin vert perché au sommet. Tant et tant d'occasions de photos!

La route nous conduit ensuite vers Rustrel. Là se trouve le «Colorado Provençal», une zone où là aussi, l'ocre affleure au flanc des falaises. Un sentier nous conduit à la Cheminée des Fées, une colonne d'ocre rouge qui se dresse au pied des montagnes du Lubéron. Au voisinnage, des ravins rongés par l'érosion laissent voir toutes les nuances de l'ocre.

Plus loin encore, au pied des falaises, une zone semi-désertique donne son nom à l'endroit: le Colorado. La poussière d'ocre tapisse le sol tandis que des monticules, des rochers, des falaises de toutes les couleurs de l'ocre créent un paysage d'un autre monde. Pourtant, au loin, en levant les yeux, les montagnes du Lubéron reprennent les couleurs des forêts et des vignobles qui les recouvrent.

Au retour, un arrêt à Goult nous fait découvrir un charmant village, moins touristique peut-être que plusieurs des villages de la région. Mais la place devant l'hôtel de ville est assez charmante avec ses cafés avant de s'ouvrir sur les rues qui mènent à la vieille ville. L'épicerie du village est d'ailleurs célèbre au Québec depuis une émission qui a mis en scène sa propriétaire. Plus loin, en montant la rue les façades du XVIIè sont remplacées au delà d'une porte en arche par des maisons de pierre non taillées qui remontent au début du moyen-âge. L'atmosphère de cette époque nous impreigne pendant que nous habitons une instant ce monde qui fait le lien entre aujourd'hui et un hier fort lointain.

lundi 24 septembre 2007

Marché à Cavaillon

Le grand marché à Cavaillon, c'est le lundi. Le coeur de la ville est envahi de marchands de toutes sortes: vêtements, bijoux, parfums, tissus aux couleurs locales, souvenirs de Provence et savons de Marseille. La ville est toute animée car une foule imposante se presse dans les rues, passant d'une échoppe à l'autre.

Dans une section, la plupart de étals semblent occupés par des nords-africains. On y entend même la musique aux sonorités arabes, tandis que les femmes en foulards - mais pas de voiles - vendent ou déambulent.

Un peu plus loin, se regroupent principalement les produits alimentaires tout aussi variés: fruits et légumes, mais aussi épices colorées, saucissons, olives et huiles. Tiens, là, ce sont des poules de différentes espèces vendues en cages. Plus loin, des poissons et fruits de mer. Ailleurs, on prépare des paëllas qu'on peut emporter pour 12 euros/kilo.

Nous achetons ces figues qui sont si fraiches en ce pays et qui voyagent si mal vers le nôtre. Tout ce qu'il faut pour accompager quelques bons fromages.

Finalement quand tous ces commerçants se préparent à démonter leurs étalages et à libérer les rues dès 13 heures, nous découvrons un bon petit restaurant avec terrasse «Côté Jardin». Il faut vite s'y attabler, car ici les coutumes sont assez strictes: on mange entre midi et quatorze heures: plus tard, c'est trop tard, car les restaurateurs n'acceptent plus de clients et ferment leurs rideaux de fer. Mais ça en vaut la peine, car les cuisiniers savent se surpasser.

dimanche 23 septembre 2007

Brunch chez les Papes

Ce matin, dimanche, nous nous sommes invités à un brunch au palais des papes. Pour bien profiter de cette occasion spéciale, nous arrivons à l'avance et l'on nous fait attendre les autres invités dans la salle des gardes du Palais.

À 10:30h, une guide nous invite à visiter les appartements privés des papes, que l'on nomme aussi les appartements secrets. Nous avons ainsi droit à explorer une section du palais des papes qui ne fait pas partie de la visite habituelle des lieux. La visite débute par la cave à vin, puis nous montons de salle en salle par de petits escaliers en colimaçon, très étroits.
Nous passons du palais vieux au palais neuf, en explorant au passage les bains papaux, puis la chambre du cerf et la chambre du pape. Nous montons finalement jusqu'à la tour St-Laurent, le lieu le plus haut du palais. La vue embrase tout Avignon et ses toits de tuiles, son célèbre pont St-Bénézet, la tour de l'horloge et au-delà du Rhône, Villeneuve-lès-Avignon.

La visite s'achève au restaurant situé en haut du palais, réservé uniquement pour notre groupe à cette occasion. Là nous constatons que les papes savent recevoir et surtout qu'ils connaissent bien le cuisine provençale: tapenades, tomates farcies, poivrons, artichauts, ratatouilles et autres foies gras. Tout autant que les vins de la région d'ailleurs, incluant leur Chateauneuf personnel. Et ils ont même la dent sucrée, les papes!

Nous retrouvons ensuite les rues animées d'Avignon, en ce dimanche qui célèbre chez eux la féria du vélo. Au programme, des courses sur la rue de la République impliquant des jeunes pleins d'énergie et bien supportés par leurs parents. La course est enlevante et nous a peut-être permis de voir de futurs champions. Pour l'instant toutefois, ils carburent encore à l'eau.

Quelques flâneries en terrasse nous conduisent jusqu'au soir, moment féérique où les tours papales s'éclairent mystérieusement et créent une atmosphère d'un autre âge. Et sur le pont qui perce la nuit, nous imaginons encore les cardinaux, évèques et chevaliers qui se présentent devant le pont-levis à l'entrée des murs.

samedi 22 septembre 2007

Mariage à l'Isle-sur-la-Sorgue

Samedi, c'est le grand dérangement car nous partons de l'Isle-sur-la-Sorgue pour notre second gîte à Cavaillon. Alors on doit refaire les bagages, vider le frigo et transporter la cave à vin... Heureusement, notre logeur nous permet de laisser nos valises jusqu'au moment de les reprendre en après-midi, car nous préférons éviter de les laisser dans l'auto dans un stationnement public.

Nous voilà donc partis pour une dernière promenade dans l'Isle-sur-la-Sorgue. En chemin nous croisons des mariés qui entrent à la mairie. Dans ces rues étroites, les invités doivent tous marcher à travers les étalages des commerces, puis revenir à l'église pour la cérémonie religieuse. C'est là que nous les avons revus, heureux à travers l'éclatement des pétards et même le gong d'une cloche à vache ( !? ). Car pendant qu'ils se mariaient, nous étions à la terrasse du Café de France en train de transmettre nos messages par Internet.

Une dernière dégustation sur les rives de la Sorgue, et nous voilà en route vers Cavaillon, à peine une quinzaine de kilomètres plus loin. Mais retrouver le gite n'est pas aussi simple car très souvent les noms de rues ne sont pas indiqués spécialement les petits chemins aux limites de la ville. Enfin, avec de l'aide, on y arrive.

Le gîte est mitoyen avec la maison des propriétaires ... et aussi avec leurs chiens! Heureusement ils ne sont pas trop bruyants et l'un d'eux semble particulièrement affectueux et joueur. Si nous n'avions pas toutes ces allergies, nous et le chien passerions de bons moments: il vient toujours nous amener sa balle sur le balcon et nous regarde avec des yeux implorants. On ne peut pas y résister.

vendredi 21 septembre 2007

Mont Ventoux

Vendredi, nous partons à l'assaut du mont Ventoux et de ses 1909 mètres.

À partir de Malaucène, la montée est impressionnante et la vue devient de plus en plus spectaculaire au fur et à mesure de la montée. Un arrêt au Mont Serein: c'est le centre de ski de cette montagne. À l'entrée, nous voyons plusieurs randonneurs qui se dirigent vers les nombreux sentiers qui permettent d'apprivoiser la montagne. Notre logeur nous a indiqué qu'au bout du chemin qui mène à la station de ski, l'un de ces sentiers permet assez souvent d'observer des bouquetins. Mais nous ne sommes pas préparés pour une telle randonnée et nous continuons notre ascension vers le sommet, mais en auto!

Durant la montée nous dépassons de nombreux cyclistes. Le mont Ventoux est une montagne mythique pour ces sportifs. Il y a de quoi, avec des passages dont la pente atteint 12% et un sommet aussi élevé. Mais c'est un défi admirable que plusieurs
rêvent de réaliser au moins une fois dans leur vie. C'est un rêve qui pourrait m'habiter si je vivais dans la région, mais l'entraînement dans les côtes de Brossard est totalement inadéquat. Mais s'il faut rêver...

Le sommet est impressionnant, fait de caillous parfaitement blancs. On dirait de la neige éternelle. Quelques photos à la demande de ces cyclistes qui ont réalisés leur exploit et, comme eux, nous repartons vers la vallée.

Bedoin nous y attend et nous offre un autre des aspects de la Provence: sa gastronomie. Le repas que nous offre «La Gousse d'Ail» nous permet de réaliser un des objectifs de ce séjour en Provence:
des goûts et des saveurs qui sont des découvertes tout aussi impressionnantes que les paysages ou les villages moyenâgeux. Nous savourons un potage au nom aussi évocateur que difficile à retenir, un civet de cerf, une blanquette de veau aux [mais quel est donc ce type de champignons?], des fromages du pays et un flan de pommes et pistaches. Accompagné d'un vin blanc de grenache (?) et roussane, nous atteignons le ciel, peut-être même le septième.

La découverte du village et de ses rues médiévales nous laisse le temps d'assimiler tout cela, avant de reprendre le chemin du gîte.

Diaporama des photos de la première semaine du 14 au 21 septembre
Provence 2007 - 15 au 22 septembre

jeudi 20 septembre 2007

Pernes-les-Fontaines

Jeudi, la journée est réservée à Pernes-les-Fontaines, en vue de calmer un peu le rythme effréné de l'exploration de la Provence.

Sans chercher à voir chacune des quelques 40 fontaines qu'on compte dans la ville, nous visons simplement à nous balader dans la ville au gré des rues et des places. C'est vraiment ce qui nous arrive car en tentant de suivre l'itinéraire du Guide Vert, nous arrivons plutôt à nous perdre. Mais c'est sans grande importance, puisqu'en passant à l'Office du Tourisme, nous obtenons une carte très détaillée de Pernes-les-Fontaines, où des circuits de découvertes sont très clairement indiqués.

C'est d'ailleurs une observation très utile ici: les Offices du Tourisme de chaque ville sont généralement très bien situés et fournissent des informations utiles, en particulier des cartes des lieux d'intérêt. Autre observation très utile dans le sud de la France, à tout le moins, les Offices du Tourisme sont fermés à l'heure du déjeuner, i.e. de 12:00 à 14:00 heures tandis que les restaurants sont ouverts. Mais à 14:00 heures, c'est l'inverse: les restaurants sont obstinément fermés. Alors autant prévoir judicieusement le moment de se restaurer. Ce que nous n'avons pas fait aujourd'hui. Heureusement, nous avons trouvé le dernier «quick lunch» (svp, prononcez à la française) encore ouvert. Un panini nous a sauvé la vie! Et la promenade a pu se poursuivre dans Pernes-les-Fontaines.

Finalement le village est joli, mais - je dirais - sans plus. La porte Notre-Dame, sur la Nesque, est intéressante, de même que la tour de l'Horloge et l'église Notre-Dame de Nazareth datant de la fin du XIIè siècle. Deux salles de l'hôtel de ville, ancien hôtel des Ducs de Brancas, comportent des peintures et des décorations murales plutôt remarquables.

Finalement, nous revenons à notre gîte de l'Isle-sur-la-Sorgue avant de se diriger au Café de France. Là, une bonne bière et un accès wi-fi nous attendent: tout ce qu'il faut pour transmettre de nos nouvelles à tous nos amis.

mercredi 19 septembre 2007

Autour de Montmirail

Mercredi, nous faisons un circuit autour des Dentelles de Montmirail, une formation montagneuse très caractéristique située au nord de Isle-sur-la-Sorgue. Nous atteignons le circuit via Monteux et Sarrians, en pleine région viticole.

Vacqueyras est le premier grand village viticole que nous rencontrons, mais nous continuons jusqu'à un autre village tout aussi important et reconnu pour ses vins d'AOC: Gigondas. Là, nous faisons halte au Caveau de Gigondas qui regroupe tous les producteurs de cette appellation, soit une soixantaine. Le choix est difficile, alors une dégustation s'impose. Nous choisissons finalement deux bouteilles en espérant en conserver au moins une pour ramener au Québec.

Ici les vendanges occupent tous les producteurs. Dans certains vignobles, nous observons les machines conçues pour ramasser les raisins arrivés à maturité. L'appareil chevauche chaque rang. Les raisins sont recueillis dans des bacs qui sont ensuite versés dans des camions ou le plus souvent de petites remorques. On en voit un peu partout sur les routes et dans les villages. On cueille à la main, principalement semble-t-il là où la machine ne peut aller.

De Gigondas, nous gagnons Sablet puis Seguret où nous nous arrêtons pour visiter le village. Il est construit à flanc de montagne et entouré des restes du mur construit pour protéger ses habitants dans les siècles passés. En parcourant ses rues étroites en calade (petites pierres), on remonte plusieurs siècles en arrière. Les maisons de pierre ont généralement plusieurs siècles et les signes de modernisme - électricité, égoûts - sont très discrets, car de grands soins ont été apportés à leur conservation.

Prochain arrêt, Vaison-La-Romaine où les traces du développement de la ville sous l'empire romain sont visibles grâce aux fouilles effectuées non loin de l'Ouvèze. D'ailleurs le principal signe de leur présence demeure le pont romain, le seul qui ait survécu au cours des siècles aux crues de la rivière. C'est aussi le temps de prendre un bon repas sur une terrasse ensoleillée puisqu'il faut bien explorer également la culture culinaire de la Provence.

Plus loin Crestet est un autre petit village construit au sommet d'une montagne avec son château, en ruine bien sûr et son église beaucoup mieux conservée. Le village est charmant et surtout beaucoup moins touché par le tourisme comme l'est Gordes par exemple. Ici encore les étroites rues en calade serpentent dans la montagne: en fait se sont le plus souvent des escaliers. Mais au sommet la vue sur la vallée s'étend jusqu'au mont Ventoux et nous récompense d'avoir voulu atteindre le sommet.

Par la suite notre circuit nous amène au pied des Dentelles de Montmirail par une petite route en lacet qui présente des vues remarquables à chaque détour. Heureusement, on ne rencontre pas d'autos trop souvent!

Tout ce chemin parcouru valait bien la récompense qui nous attendait à la sortie des montagnes: un bon verre de muscat de Baumes-de-Venise. Dégusté lentement sur une terrasse au coeur du village, ce fut un autre moment qui justifie d'inventer l'éternité.

mardi 18 septembre 2007

Avignon - Le Pont

Aujourd'hui mardi, c'est Avignon et le Palais des Papes. Cela donne lieu à un cours intensif sur l'histoire de la papauté de 1316 jusqu'à la fin du siècle, car cette histoire correspond aux nombreuses étapes de construction du palais. Il nous en reste des batiments fort impressionnants, chapelles autant que fortifications. Le moyen-âge revit en traversant ces pièces aux murs de pierre, aux plafonds démesurément élevés, en gravissant les escaliers parfois en colimaçon resserré, parfois encore s'élevant majestueusement sous des voûtes en ogives. Les tapisseries ne recouvrent plus les murs comme autrefois, mais il nous semble encore entendre les feux des rotisseries allumés pour le banquet suivant le sacre du pape.

Et du haut de ses tours, on peut enfin apercevoir le célèbre pont. Construit vers 1284, il n'est pas inachevé comme dit la légende; il a plutôt été abandonné au XVIIè siècle après avoir fait l'objet de nombreuses et couteuses réparations au cours des siècles. Il semble qu'en ce temps-là aussi, les ponts s'écroulaient!

La journée s'est terminée au marché agricole de Velleron sur le chemin du retour. Là, tous les producteurs de la région offrent leurs récoltes dont la variété est étonnante. À tous les fruits et légumes qu'on imagine dans nos marchés, s'ajoutent des figues rouges et juteuses fraichement cueillies, des raisins muscats bleus qui annoncent déjà le bon vin. Nous en avons préparé un excellent repas avec baguette et fromages.

lundi 17 septembre 2007

Fontaine de Vaucluse

L'eau de la Sorgue qui alimente tous les canaux de l'Isle-sur-la-Sorgue est d'une limpidité parfaite, car la source de cette rivière ne se trouve qu'à quelques 7 kilomètres en amont.

Lundi, nous sommes allés à cette source. L'eau surgit de la montagne en plusieurs résurgences dont la principale donne son nom au village : Fontaine-de-Vaucluse. L'une de ces résurgences est une vasque dont le niveau varie selon les précipitations. Cette vasque ne déborde que lorsqu'elle atteint un niveau d'environ 22 mètres par rapport à son point de référence. Phénomène rare, en raison de la saison particulièrement sèche, le niveau de la fontaine se situe actuellement à -0,70 mètre sous le niveau le plus bas mesuré en 140 ans. Heureusement, d'autres résurgences alimentent la rivière dont le débit demeure amplement suffisant, à environ 5 m3/s.

Le fond de la rivière est tapissé d'algues qui ondulent lentement au gré du courant. L'eau qui les baigne leur donne est d'une telle transparence que les verts sont d'une brillance lumineuse. Plus bas dans quelques passages plus rapides, des instructeurs enseignent le kayak de rivière à des jeunes.

Pétrarque, l'un des pionniers de la renaissance affectionna particulièrement cette région où il chanta Laure, sa bien-aimée. Le dîner au bord de la rivière sous les platanes du restaurant qui porte leurs noms - Pétrarque et Laure - fut mémorable,les cuisiniers passant près de notre table avec les truites toutes frémissantes au sortir de la rivière. Quoi de plus frais et de plus savoureux!

En quittant Fontaine-de-Vaucluse, nous avons visité les Bories: ce sont des habitations entièrement faites de pierres sèches, empilées pour former des voutes. Tous les batiments du village sont construits de cette façon: les habitations, les greniers et entrepôts, les bergeries et porcheries souvent adossées aux habitations. Ces habitations ont été utilisées jusque vers la fin du XIXè siècle. Leur avantage peut-être: lors d'une journée particulièrement chaude comme celle d'aujourd'hui - au moins 30°C - l'air était frais à l'intérieur.

Notre route nous a ensuite conduits à Gordes qui figure comme l'un des plus beaux villages de France. C'est pleinement mérité car Gordes s'étage sur une colline qui domine la plaine cultivée. On y arrive sur l'autre versant de la vallée d'où la vue est saisissante. Le village compte une grand nombre d'artistes et de galeries qu'on découvre en parcourant les rues en pente et les escaliers qui s'accrochent à la colline. Excellent exercice! L'architecture et la pierre dont sont construits la plupart des batiments donnent une unité de couleur et de texture tout-à-fait remarquable.

Pour un peu de repos et de calme, nous sommes allés aux Vèpres à l'abbaye de Sénanque. Cachée au fond d'une vallée où les moines cultivent la lavande, l'abbaye constitue un des sites les plus photographiés de Provence. Mais la lavande en septembre... ce n'est plus qu'un petit buisson bien taillé en longues rangées parallèles. Mais l'atmosphère de la chapelle de l'abbaye demeure tout aussi simple et dépouillée que son architecture. Les chants des vèpres, désormais en français, perdent un peu du mystère que portait le grégorien, mais les voix polyphoniques des moines donnent vie à la chapelle moyennageuse. Une impression d'éternité s'en dégage en songeant à la foi des batisseurs de cette abbaye et à toutes ces générations de moines qui se sont succédées depuis presque mille ans.

dimanche 16 septembre 2007

Isle-sur-la-Sorgue

Ce dimanche: croissants et chocolatines tout frais de notre boulanger. Faut dire que la matinée est fort brève car il nous faut encore adapter notre horaire de sommeil. Mais au moins sommes-nous bien reposés.

Et nous voilà repartis pour explorer l'Isle. Ce matin c'est le jour de la brocante.
Toutes les places et les rues sont envahies par les marchands d'antiquités, mais aussi de vêtements ou de fruits et charcuteries, olives et épices.

La rivière La Sorgue est harnachée en nombreux canaux qui parcourent la ville. Ici et là, des roues à aubes témoignent d'un passé industriel de filatures et de tissage de laine, de soie et de fibres nobles: Mérino, Mohair, Alpaca... Il ne reste aujourd'hui qu'un dernier tisserand de haute gamme, tandis que les roues à aubes sont recyclées en attraits touristiques.

Pour une halte bien méritée dans le dédale des rues de l'Isle, la terrasse du Bistro de l'Industrie nous accueille avec un petit rosé. Au retour de cette longue marche, il fait bon s'allonger un instant sur les chaises longues de notre terrasse.

Le soir venu, c'est en auto que nous allons nous attabler au Carré d'Herbes, charmant bistro où nous goûtons à des légumes farcis à la Provençale. Cette fois nous touchons vraiment à la culture locale.

samedi 15 septembre 2007

Découverte de l'Isle-sur-la-Sorgue

L'avion se pose à l'aéroport de Marseille à 13:00h après un vol sans histoire, sinon que Germaine apprécie mieux le service du personnel que lors du voyage en Grèce l'an dernier. L'auto - une Opel Mériva - nous attend à l'aéroport. C'est un genre de micro-van: un peu plus haut qu'une auto habituelle, mais construit comme une station-wagon très courte. Mais ça roule très bien et nous voilà en route vers notre gîte.

Les indications obtenues de Google sont en général assez bonnes, mais il faut être familier avec les routes, les ronds-points et les signalisations françaises. Tout s'est bien déroulé jusqu'à l'Isle-sur-la-Sorgue, mais là, il a fallu improviser car il y a beaucoup trop de détours et d'intersections pour un sens de l'orientation normal!

Le gîte du Pont-des-Aubes est fort bien situé au bord d'un des nombreux bras de la rivière La Sorgue. C'est un petit nid sur deux étages avec terrasse sur le jardin - un peu sec, faut-il préciser - et la rivière.

Les propriétaires nous donnent quelques informations sur les lieux d'intérêt des alentours et surtout les restaurants à privilégier. Surtout à peu près rien en terrasse sur la rivière car la qualité de la nourriture laisserait à désirer, alors que tant d'autres endroits, peut-être moins bien situés, sont bien meilleurs.

Nous décidons de nous offrir d'abord l'apéritif - un Côte-du-Rhône bien sûr - sur notre terrasse au bord de la rivière accompagné d'une petite douceur. C'est que nous avons visité notre voisin boulanger qui nous a offert un pain/patisserie de sa spécialité avec une pointe de pizza froide. Pendant que le soleil déclinait sur les canards de la rivière, il fait encore 30°C.

Ensuite, en route vers la ville qu'on atteint par un petit chemin qui longe la rivière. Puis c'est la découverte des ponts qui enjambent les innombrables bras de la rivière. Les berges sont amménagées en canaux bordés de terrasse et de promenades. En ce samedi soir, elles sont bondées d'autant plus que la soirée est magnifique. Mais la fatique a raison de notre désir de trouver un endroit coquet où s'offrir une gâterie ou un dessert. Alors nous rentrons à la maison.

vendredi 14 septembre 2007

Départ vers la Provence

L'airbus A310 s'apprête à décoller de Montréal-Dorval: destination Marseille, porte ouverte sur la Provence. Le vol direct a l'avantage de diminuer la durée totale du voyage en nous évitant une escale à Charles-de-Gaule. En contre-partie, il s'agit du vol Air Transat AT514 avec tout le confort et l'espace auxquels on reconnaît cette compagnie.

En traversant la 1ère classe pour atteindre nos sièges, Germaine a même remarqué que ces passagers avaient à peine plus d'espace que nous. Faut comprendre que la terre compte maintenant sept milliards d'individus et qu'il faut bien les mettre quelque part. Vers 8 milliards d'être humain, il n'y aura plus que des places debout!

Notre arrivée un peu tardive à l'aéroport (20:30h pour un vol à 23:30h) nous a laissé des sièges de chaque côté d'une allée. C'est la condition que nous avons acceptée pour ne pas se retrouver dans la queue de l'appareil.

Et maintenant, en route vers Marseille où l'on annonce un beau 28°C.